UN Human Rights Council/Marie Bambi. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, présente le dernier rapport sur l’obligation de garantir la responsabilité et la justice dans les territoires palestiniens occupés.
Par ONU Info
Source : ONU Info
A l’occasion de la publication d’un rapport annuel de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, le chef des droits humains de l’Organisation, Volker Türk, a appelé mercredi Israël et le Hamas à faire en sorte que le cessez-le-feu à Gaza tienne « coûte que coûte».
« Le rapport qui vous est présenté aujourd’hui fait le point sur toute une série de violations internationales des droits humains dans les territoires palestiniens occupés et sur l’absence de véritable reddition de comptes les concernant », a déploré M. Türk lors d’une session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, à Genève.
« Les principes du droit international humanitaire ont été bafoués comme jamais auparavant dans la conduite des hostilités à Gaza et en Israël depuis octobre 2023 », a-t-il déploré.
Crimes de guerre potentiels
Selon M. Türk, les méthodes de guerre employées par Israël ont causé des « niveaux effarants de victimes et de destruction », au point que des inquiétudes subsistent quant au fait que le pays ait pu commettre des crimes de guerre et autres atrocités criminelles.
Le chef des droits de l’homme a reconnu qu’il y avait eu un nombre limité d’enquêtes et d’inculpations de la part des autorités israéliennes, notamment dans des cas de mauvais traitements de détenus palestiniens.
Il a toutefois émis de sérieux doutes quant à la capacité et à la volonté du système judiciaire israélien d’établir pleinement les faits, conformément aux normes internationales, y compris en ce qui concerne les homicides illégaux de Palestiniens à Gaza ou en Cisjordanie.
M. Türk a par ailleurs souligné que le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens avaient pris, détenu et torturé des otages à Gaza, et avaient procédé à des tirs de manière indiscriminée en direction du territoire israélien, ce qui constitue selon lui des crimes de guerre.
« Il existe de graves inquiétudes quant à la possibilité que d’autres violations graves du droit international humanitaire aient été commises à Gaza, notamment l’association intentionnelle d’objectifs militaires et de civils palestiniens », a-t-il ajouté.
Climat d’impunité
Le haut responsable a indiqué ne pas avoir connaissance de mesures prises par le Hamas pour punir les responsables de ces violations.
Pour que de telles horreurs ne se reproduisent pas, il a appelé à garantir que des enquêtes indépendantes soient menées et que les auteurs de ces actes soient tenus responsables.
« Le bilan tragique de ce conflit, et de tant d’autres, montre clairement comment l’impunité engendre davantage de violence », a-t-il affirmé.
Selon lui, les actes visant à délégitimer et menacer les institutions internationales dont le but est de faire respecter le droit international nuisent à l’humanité dans son ensemble.
Maintien du cessez-le-feu
M. Türk a appelé de toute urgence à mettre fin au conflit et a réclamé la libération inconditionnelle de tous les otages et des personnes détenues de manière arbitraire.
Il a également appelé à mettre fin aussi rapidement que possible à la « présence illégale d’Israël dans les territoires palestiniens occupés, comme l’a indiqué la Cour internationale de justice (CIJ).
Pour le chef des droits de l’homme de l’ONU, le cessez-le-feu en vigueur à Gaza depuis le 19 janvier « doit tenir coûte que coûte ».
« Chaque phase doit être mise en œuvre par les deux parties, de bonne foi et dans son intégralité », a-t-il insisté.
M. Türk a espéré que Palestiniens et Israéliens puissent vivre « côte à côte dans la même dignité et avec les mêmes droits ».
« Et c’est au peuple palestinien qu’il revient de déterminer son propre avenir », a-t-il ajouté.
Il a également appelé à ne pas normaliser les comportements illégaux, y compris les propositions d’annexion ou de transfert forcé de population, de nature à menacer la paix et la sécurité des Palestiniens et des Israéliens et de la région dans son ensemble.
« Pour cela, il faut commencer par voir la douleur et la souffrance de l’autre », a-t-il affirmé. « Nous avons entendu trop de discours déshumanisants, y compris de la part de dirigeants politiques ».
Source : ONU Info
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