Par Ziad Medoukh

Après plus de 18 mois d’agression horrible suivi de deux mois de trêve fragile, les accords ont été rompus par l’occupant et les bombardements ont repris dans toute la bande de Gaza. Depuis le 2 mars dernier, tous les passages qui permettent à l’aide humanitaire d’arriver sont fermés.

La population palestinienne de Gaza est horrifiée, terrifiée, fatiguée. Elle manque de tout. C’est la pénurie.

La crise la plus grave c’est la pénurie d’eau potable.

Avant l’agression, il y avait 1230 puits d’eau qui fonctionnaient au carburant et grâce aux panneaux solaires.

L’occupation a détruit 990 puits. Il en reste environ 240 mais qui ne fonctionnent qu’à 30 % de leur capacité à cause de la pénurie de carburant et de panneaux solaires. Des camions-citernes tournent dans les quartiers dévastés et détruits. Chaque foyer a droit à 20 litres tous les trois jours. Un gallon d’eau potable (4 litres) coûte 4 Euros. C’est très cher mais malgré le prix les familles sont obligées d’en acheter. L’eau potable est rare, la qualité n’est pas très bonne malheureusement.

À la pénurie d’eau potable s’ajoute la crise en eau domestique. Elle est difficile à trouver parce que les canalisations ont été détruites par les bombardements.

Cela rend la vie très difficile pour les familles qui doivent parfois marcher 500m. pour avoir 2 ou 3 gallons d’eau. On voit quelques fois des dizaines, des centaines de personnes qui font la queue dans les rues pour avoir de l’eau. C’est terrible.

Deuxième grande pénurie : la nourriture. Depuis le 2 mars, l’occupation a fermé tous les passages qui relient Gaza à l’extérieur. Plus rien ne passe. Les produits alimentaires sont presque introuvables sur le marché et leurs prix sont très très élevés. La population ne mange qu’un seul repas par jour, un repas très modeste qui se compose souvent de riz, de pâtes ou de boîtes de conserve. On est obligé de se contenter de cela parce que c’est la seule chose qu’on trouve encore sur le marché où il n’y a plus ni fruits, ni légumes, ni poulet, ni viande, ni poisson, ni rien du tout.

Troisièmement, il y a pénurie de médicaments et de matériel médical en plus de la dévastation et la destruction des hôpitaux. Dans la bande de Gaza, 30 hôpitaux sont complètement hors service.

Dans le nord de la bande de Gaza, seuls quelques cliniques et centres médicaux fonctionnent encore mais il n’y a pas assez de médecins dans ces cliniques. On trouve quelques médecins bénévoles mais c’est insuffisant pour le nombre considérable de malades et de blessés qui ont besoin de soins.

Les médicaments sont très rares et souvent périmés. Il n’y a plus de laboratoires ni de pharmacies. Des milliers de malades et de blessés doivent attendre pour se faire soigner.

Quatrième crise, la pénurie de gaz. Depuis le début de l’agression, le gaz n’est entré, dans la bande de Gaza qu’en très petite quantité pendant la trêve, mais plus rien depuis le 2 mars. La population de Gaza est de nouveau obligée de cuisiner au bois mais le bois est devenu rare et très cher. Un kilo de bois coûte 6 euros. Pour faire à manger pour une famille, on a besoin de 4 kilos de bois alors imaginez, 24 Euros, juste pour un petit repas de pâtes ou de riz. On n’ose plus préparer le thé et le café sur le feu de bois à cause de la pénurie. C’est une situation horrible pour les habitants.

Enfin, il y a pénurie d’électricité. La seule centrale électrique qui ne fonctionnait plus qu’à 30%, a été totalement détruite le 13 octobre 2023. Depuis, l’électricité vient soit des générateurs qui fonctionnent au carburant ou au fioul, soit des panneaux solaires. Ces derniers mois, c’était l’hiver et il faisait froid à Gaza. Il n’y pas eu beaucoup de soleil, pas assez pour que les panneaux solaires fonctionnent bien.

Mais le plus grave avec la pénurie d’électricité est que l’usine de désalinisation, qui permet aux citoyens d’avoir de l’eau potable ne peut plus fonctionner sans électricité.

Le réseau de communication est également touché par le manque d’électricité.

Le 2 avril, toutes les boulangeries de la bande de Gaza ont été fermées, faute de farine et du fioul, les habitants sont obligés à préparer le pain chez eux, mais c’est très difficile avec l’augmentation du prix d’un sac de farine qui dépasse les 200 euros, et le manque de bois.

A Gaza, on manque de tout. La population civile de Gaza vit dans un sentiment d’inquiétude, d’angoisse et de peur, mais surtout d’impuissance permanent.

Les Palestiniens de Gaza sont patients, c’est vrai mais aujourd’hui, ils sont impuissants. Ils essaient de tenir bon mais c’est très compliqué avec l’insécurité, la reprise des bombardements nuit et jour, les déplacements forcés, la famine et une crise humanitaire sans précédent.

Source : auteur

Le sommaire de Ziad Medoukh

Laisser un commentaire