Par Hamide Rencus
Les nouveaux dirigeants de Syrie, appartenant au mouvement Hayat Tahrir al-Cham (HTS), ont déclenché une campagne de représailles sectaires contre les communautés alaouites et chrétiennes. Ce génocide en cours, est accueilli non pas par l’indignation, mais par des ouvertures diplomatiques envers les chefs de guerre d’Al-Qaïda rebaptisés qui gouvernent désormais depuis Damas.
Source : The Cradle, 28 mars 2025
Traduction : lecridespeuples.substack.com
Les massacres et la répression des Alaouites et des chrétiens en Syrie ont commencé immédiatement après la chute de Damas et se poursuivent depuis trois mois et demi.
Le 7 décembre 2024, au lendemain de la prise de la capitale par des militants basés à Idlib, Israël a commencé à bombarder le territoire syrien et a déployé des chars dans le sud du pays.
Pourtant, les canons de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) et de ses groupes extrémistes salafistes affiliés – qui avaient pris le contrôle de Damas – n’étaient pas dirigés contre Israël, mais contre la population alaouite de Syrie. Ce qui a commencé par des attaques contre des sites religieux alaouites et chrétiens s’est rapidement transformé en un massacre systématique des Alaouites.
Une campagne de nettoyage ethnique
Les militants affiliés à HTS, désormais intégrés aux forces de sécurité syriennes, ont mené des raids dans les villes et villages alaouites, humiliant les habitants, pillant les maisons, arrêtant les hommes et les exécutant en pleine rue. Les vidéos qu’ils ont tournées les montrent traînant les détenus au sol, les forçant à aboyer comme des chiens et se réjouissant publiquement de scènes de dégradation et de mort.
–https://x.com/lecridespeuples/status/1905746419132338384
Dès le départ, il était évident que ces factions salafistes extrémistes, animées par la haine et la vengeance, avaient l’intention de procéder à un nettoyage ethnique. Leur campagne n’était pas spontanée : elle était le fruit de 14 années d’incitation sectaire.
La chute de Damas a été soudaine, et le choc qui en a résulté a déclenché une crainte généralisée de génocide contre les minorités. Depuis le début de la crise syrienne en 2011, les Alaouites ont été désignés pour l’extermination : des dizaines de milliers de combattants étrangers, attirés par l’appel au « djihad » contre le gouvernement du président déchu Bachar al-Assad – un Alaouite – sont entrés en Syrie en scandant des slogans tels que « Les Alaouites à la tombe, les chrétiens à Beyrouth ! »
Des fatwas se sont rapidement multipliées, déclarant que le sang, les biens et les femmes des chrétiens, des druzes et des Alaouites étaient licites. Lors du premier grand massacre, à Jisr al-Shughur en 2011, 120 policiers syriens ont été exécutés et jetés dans le fleuve Oronte (Nahr al-Asi).
Des populations entières ont été déplacées de zones comme Al-Mukharram Alfuqaney, avec plus de 34 000 résidents expulsés et plus de 300 000 familles d’Idlib réinstallées dans leurs maisons.
À la même époque, le très sectaire cheikh Adnan al-Arour, s’exprimant depuis Riyad sur la chaîne Al-Wisal, a explicitement appelé à l’extermination des Alaouites : « Ô Alaouites, par Dieu, nous vous hacherons et vous donnerons en pâture aux chiens. » Il a ajouté : « Faites le djihad, et Dieu vous récompensera en vous offrant les terres et les femmes des Alaouites. »
De même, le religieux salafiste Yassin al-Ajlouni a émis une fatwa déclarant : « Prenez les femmes alaouites et druzes, mais il est interdit de les épouser. Faites-en ce que vous voulez, sans mariage. » Cette incitation s’est rapidement répandue parmi les religieux salafistes du monde arabe, entraînant massacres et autres atrocités.
L’un des plus tristement célèbres s’est produit à Lattaquié en 2013, lorsque 190 Alaouites, dont 57 femmes et 18 enfants, ont été tués en une nuit. D’autres massacres ont suivi à Hama, Homs, Lattaquié, Tartous et dans la Ghouta orientale, chacun faisant au moins 100 victimes, généralement lors d’affrontements entre l’armée syrienne et les forces extrémistes takfiries.
Aujourd’hui, cependant, il n’y a plus d’affrontements de ce type ; il y a seulement HTS et ses groupes affiliés tournant leurs armes contre des civils alaouites sans défense.
Des massacres isolés à une purge systématique
Les récentes attaques ont évolué en un génocide à grande échelle en raison de deux facteurs essentiels : un black-out médiatique quasi total et la présentation mensongère et systématique des atrocités comme des actes de vengeance isolés, sans lien avec HTS. Au cours du premier mois de ce qui a été largement décrit comme des « incidents individuels », des cheikhs, des juges, des universitaires et des agriculteurs alaouites ont été spécifiquement pris pour cible.
Malgré les affirmations selon lesquelles ces violences étaient sporadiques et réactionnaires, leur documentation raconte une tout autre histoire : celle d’attaques systématiques contre des sites religieux, d’arrestations massives, de pillages, de déplacements forcés et de destructions d’habitations.
Voir Massacres en Syrie : le silence complice de l’Occident
Tous ces événements ont été recensés par le Syrian National Violations Documentation Center, qui a publié des photos et des vidéos sur Facebook avant que la page ne soit supprimée par Meta dans ce qui semble être une tentative de censure. Le groupe continue de diffuser ses contenus via WhatsApp, malgré les tentatives de suppression de son travail.
Profanations, exécutions et expulsions forcées
Parmi les nombreuses violations répétées contre les communautés alaouites et chrétiennes, on compte la destruction de tombes et de sanctuaires, la profanation d’églises, les attaques contre des fidèles, l’incendie de l’arbre de Noël à Hama et la mise à feu de la tombe d’Abu Abdallah al-Khasibi.
Rien qu’entre le 8 et le 25 décembre, des groupes extrémistes salafistes ont attaqué des églises, mené des raids dans des villages chrétiens, tiré sur des symboles religieux et tué des gardiens de sanctuaires. La courte liste suivante d’incidents vérifiés illustre le caractère systématique et récurrent de ces attaques :
- 19 décembre 2024 : Des tirs visent l’église grecque orthodoxe de Hama. L’évêque Nicholas Baalbaki, métropolite grec orthodoxe de Hama, témoigne : « Des hommes armés sont arrivés, nous ont braqué avec leurs fusils, ont brisé des croix, inspecté les murs de l’église, puis sont repartis. »
- 22 décembre 2024 : Dans le village syrien de Safsafa, des propriétés appartenant à des Alaouites et des chrétiens sont pillées, de l’argent est extorqué et des femmes sont victimes de violences.
- 23 décembre 2024 : Des groupes extrémistes islamistes affiliés à HTS incendient l’arbre de Noël à Hama. Des tirs sont dirigés contre de jeunes chrétiens tentant d’empêcher l’incendie.
- 24 décembre 2024 : Le mausolée alaouite du village de Barouha, près de Talkalakh (Homs), est attaqué par des groupes extrémistes takfiris. La tombe est incendiée, ses biens volés et détruits.
- 25 décembre 2024 : Des militants incendient la tombe vieille de 700 ans d’Abu Abdallah al-Khasibi, un érudit majeur de la communauté alaouite, et massacrent cinq civils qui veillaient sur le sanctuaire. Les assaillants marchent sur les cadavres et posent pour des photos.
- 5 janvier 2025 : Dans le quartier chrétien d’Al-Kasa, à Damas, un militant salafiste extrémiste à cheval brandissant un drapeau de Daech parade sur la place Burj al-Rus. Une annonce est également diffusée dans le quartier chrétien, appelant au port du hijab et interdisant aux hommes et aux femmes de marcher ensemble.
- 15 janvier 2025 : L’université chrétienne privée Al-Hawash, à Homs, est prise d’assaut, et des croyances salafistes takfiries y sont imposées à tous.
- 15 janvier 2025 : Dans le quartier chrétien d’Al-Qasda à Damas, une voiture remplie de militants takfiris armés venus de la Ghouta, le visage masqué, tente de distribuer des tracts imposant le port du niqab et appelant à l’interdiction de fumer. Lorsque de jeunes chrétiens s’interposent, les militants tirent en l’air pour intimider la foule, déclenchant une bagarre.
- 16 janvier 2025 : L’église grecque orthodoxe de Hama est à nouveau attaquée, et sa porte est détruite.
- 15 février 2025 : Des villages chrétiens de Wadi al-Nasara (la Vallée des Chrétiens) sont attaqués, et 12 jeunes chrétiens sont enlevés. Trois sont libérés ultérieurement, tandis que neuf sont retenus en otage sous prétexte que les cloches des églises ont sonné.
- 17 février 2025 : Dans le village de Zaydal, à Homs, des groupes extrémistes salafistes s’en prennent au cimetière chrétien, détruisant des croix et divers symboles religieux chrétiens.
Les communautés alaouites et chrétiennes subissent des arrestations massives, des perquisitions violentes à domicile, des expulsions forcées et des pillages à grande échelle. Des villages tels que Kafr Nan, Cobbarin, Talbiseh et Talkalakh sont soumis à des bombardements d’artillerie, à des vols de biens et à des exécutions publiques.
Le 11 janvier, George Barshini, chef de l’opposition syrienne, a déclaré que HTS menait un génocide systématique, affirmant que des milliers d’hommes alaouites étaient détenus dans 40 prisons, avec des projets à long terme pour leur extermination.
Disparitions, morgues et fosses communes
Le 2 janvier, dans le village d’Al-Ghawr, deux convois de HTS sont arrivés à l’aube, ont ouvert le feu sans distinction, pris d’assaut l’école, intimidé les élèves, blessé de nombreuses personnes et exécuté des habitants dans les rues. Ahmad Mari Jardo, un vieil homme, a été tué en tentant de fuir, et quatre jeunes hommes ont été abattus alors qu’ils essayaient de le protéger. Les cadavres ont été laissés à l’abandon, les familles ont été empêchées d’enterrer leurs morts et les pillages se sont poursuivis sans entrave.
Le 5 janvier, 34 000 personnes ont été déplacées de la zone alaouite d’Al-Mukharram Alfuqaney, à Homs. Partout dans la ville, la population alaouite est rapidement liquidée. Plus de 300 000 familles, pour la plupart des étrangers, sont amenées d’Idlib et installées dans les maisons des Alaouites.
Un habitant du village de Matnin, à Hama, a rapporté le 12 janvier :
« Toutes les maisons du quartier ouest (quartier alaouite) ont été pillées et incendiées, tous les biens ont été volés, les habitants expulsés du village, menacés de mort et d’exécution s’ils tentaient d’y revenir. »
Le 16 janvier, dans le village de Cabborin, à Homs, des tirs d’armes lourdes ont visé des habitations à partir de 8 h du matin et jusqu’à 17 h. Plus tard, des militants extrémistes ont mené des raids aléatoires, procédé à des perquisitions et arrêté des dizaines de personnes – pour la plupart des civils – qui ont été rassemblées et emmenées vers l’Oronte (Nahr al-Asi).
Par ailleurs, de nombreux villageois, y compris des personnes âgées de plus de 60 ans, ont été battus et torturés pendant plus d’une heure. Ils ont été victimes d’abus sectaires, d’insultes et d’humiliations, tout en étant effectivement piégés, incapables de quitter la région.
Le 17 janvier, au moins 300 personnes de Homs-Cobbarin, Talbiseh et du village kurde de Dasnieh ont été arrêtées et emmenées « sur le lit de l’Oronte, où elles ont toutes été exécutées ».
Le 24 janvier, le journaliste Wahid Yazbek, basé à Homs, a rapporté de nombreux meurtres dans les morgues des hôpitaux :
« Il y a des dizaines de corps non identifiés dans les hôpitaux de Homs. À l’hôpital Al-Walid, 23 corps non identifiés ont été retrouvés. Il y en a 102 au Grand centre médico-légal d’Al-Waer et à l’hôpital de Karm al-Loz. La plupart ont le visage défiguré. »
Le journaliste Nidal Hamade a observé :
« Les hôpitaux de Homs continuent de recevoir les corps de dizaines de personnes provenant des prisons de Homs et de Hama. Toutes sont mortes sous la torture avant d’être achevées d’une balle dans la tête. La plupart des corps appartiennent à des soldats et des officiers disparus dans les premiers jours qui ont suivi la chute du régime. Ils sont en train d’être liquidés. »
Le 31 janvier, dans le village d’Arza, à Hama, tous les hommes alaouites ont été exécutés sur le lit de l’Oronte. Des exécutions similaires ont eu lieu à Homs, avec au moins neuf morts et de nombreux enlèvements. Le massacre de Fahel, où 58 habitants ont été tués et où une jeune fille est morte de choc aux côtés du cadavre de son père, a été le premier reconnu par le gouverneur de HTS à Homs. D’autres massacres ont été soit niés, soit attribués à des éléments incontrôlés.
-https://x.com/lecridespeuples/status/1898431377240097245
Après l’effondrement de Damas, plus de 30 000 soldats syriens se sont rendus, mais ont depuis disparu. Les familles ont organisé des manifestations pour exiger des réponses, tandis que des rapports ont fait état de centaines de corps non identifiés retrouvés dans les morgues des hôpitaux. Nombre d’entre eux portaient des traces de torture et d’exécution. Des journalistes ont confirmé que ces cadavres étaient, pour la plupart, ceux de soldats disparus dans les premiers jours de la prise de pouvoir par HTS.
Ces récits ne constituent qu’un aperçu des violences avérées perpétrées contre les minorités syriennes – en particulier les Alaouites et les chrétiens – depuis le renversement du gouvernement d’Assad.
Le sort des femmes
Entre décembre 2024 et aujourd’hui, des dizaines de femmes ont été enlevées. Certaines ont ensuite été retrouvées assassinées et mutilées, parmi lesquelles la professeure Rasha al-Ali de l’université de Homs. Des vidéos montrent des femmes alaouites et chrétiennes enlevées.
Une survivante a rapporté que 70 femmes avaient été enlevées rien que dans son village. Les médias locaux estiment que plus de 100 femmes exerçant une profession libérale – notamment des médecins, des ingénieures et des enseignantes – ont été kidnappées en l’espace de deux jours seulement. On craint que certaines d’entre elles aient été transférées à Idlib, où HTS règne depuis près d’une décennie, et qu’un marché d’esclaves ou un trafic d’organes ait vu le jour, à l’instar des pratiques de Daech.
–https://x.com/AlainMarshal2/status/1898861819600507035
De nombreux hommes enlevés ont également été exécutés de manière extrajudiciaire. Rien qu’au 18 février, on comptait au moins 53 cas documentés d’enlèvements suivis d’exécutions extrajudiciaires, mais le bilan réel est certainement bien plus lourd.
« Tuez, mais ne filmez pas et ne prenez pas de photos »
Les ordres internes de HTS interdisent de documenter les exactions de leurs cadres armés. Des figures salafistes extrémistes de haut rang, dont Huzayfa Azzam et le commandant de HTS Abu Mahmoud al-Sus, ont ordonné aux combattants de « tuer, mais de ne pas faire de photos ou de vidéos ». La violence a été présentée comme un « nettoyage des vestiges de l’ancien régime », avec pour consigne stricte de ne laisser aucune trace numérique.
–https://x.com/lecridespeuples/status/1905750631908090005
Al-Sus fut le premier à pénétrer dans le studio de la télévision d’État syrienne après la chute de Damas. À l’époque, il célébrait la révolution en proclamant que « tout le peuple syrien ne fait qu’un ». Pourtant, le 13 janvier, il a publiquement appelé au génocide, déclarant :
« Nous vous demandons instamment : si vous voulez agir, ne filmez pas. Ne vous exposez pas, ne mettez pas les autres en danger. Faites ce que vous voulez, mais ne filmez pas. Filmer ne fera que nuire à la révolution et aux révolutionnaires. Ne filmez pas, et si vous filmez, ne publiez pas. Cela ne nous apportera rien. Cela ne fera que nous donner des maux de tête, car nous devrons le dissimuler. Ce n’est pas nécessaire. Faites ce que vous voulez, mais ne filmez pas. C’est gênant. Je vous donne la liberté de vous débarrasser des [racailles assadistes], personne ne vous en empêchera. »
Massacres et représailles
Le 6 mars, un groupe se faisant appeler le « Bouclier de la côte » a annoncé son entrée en résistance armée contre les massacres en cours. Le lendemain, HTS a lancé une vaste campagne militaire dans toute la région côtière syrienne. Des villages ont été bombardés, des familles massacrées, des maisons incendiées. Dans plusieurs grandes villes, les haut-parleurs des mosquées ont appelé à l’extermination des Alaouites.
D’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé au Royaume-Uni, 6 316 personnes ont été tuées entre le 8 décembre et le 18 mars. Les documents locaux suggèrent toutefois un bilan bien plus lourd, dépassant les 30 000 morts, des villages entiers ayant été anéantis.
Les 7 et 8 mars, dans le village de Barmaya, près de Baniyas, 25 personnes auraient été exécutées et 65 maisons incendiées. Les campagnes de Tartous et de Baniyas ont été pilonnées pendant plusieurs jours, et des frappes de drones ont visé les civils en fuite. À Barmada, les habitations ont été pillées avant d’être brûlées. Des fosses communes ont été découvertes à Jabla et à Qardaha. Certains corps ont été revêtus d’uniformes militaires pour faire passer ces massacres pour des pertes au combat.
Un silence international assourdissant
L’ONU n’a condamné ces atrocités qu’après une réunion à huis clos demandée par les présidents russe et américain, Vladimir Poutine et Donald Trump. En réponse, HTS a ordonné la destruction des corps afin d’effacer les preuves.
Les cadavres ont été brûlés, jetés à la mer ou précipités dans des ravins. Certaines familles ont découvert que leurs proches avaient été enterrés à leur insu. Dans le village de Snobar, une survivante, Raghda Ali, a publié une liste de plus de 130 victimes, dont plusieurs membres d’une même famille. « Les habitants de mon village, mes sœurs, mes voisins, mes proches… ils ont tous disparu », écrit-elle, concluant : « Et la liste continue. »
–https://x.com/lecridespeuples/status/1899171438281822494
À Baniyas, les cadavres et les maisons ont été incendiés. Les corps ont été jetés dans les vallées. Le 11 mars, Qardaha, le village natal de la famille Assad, a été réduit en cendres. Un militant extrémiste takfiri a filmé les flammes en se vantant qu’« au moins 300 personnes » y avaient péri.
Dans un cas particulièrement poignant, Zarqa Sebahiyeh, 86 ans, a été forcée de regarder les cadavres de ses deux fils et de son petit-fils se décomposer dans la rue pendant quatre jours. Elle n’a même pas eu droit à un enterrement. Sa maison, mise à sac, est désormais occupée par les assassins de sa famille, qui vivent toujours en face d’elle.
Lorsque le gouverneur de HTS est venu sur place pour présenter ses condoléances, il était accompagné du chef de guerre notoire Hassan Soufan. Aux mères éplorées réclamant justice, il a répondu avec un sourire : « Cela ne se reproduira plus. »
Alors que les cadavres s’amoncellent et que des villages entiers disparaissent, la Syrie dite de l’« après-guerre » se révèle non pas comme un moment de réconciliation, mais comme une nouvelle phase de représailles sectaires organisées – rendues possibles par le silence, occultées par le récit officiel, et perpétrées en toute impunité.
Pour soutenir ce travail censuré en permanence, partagez cet article et abonnez-vous à notre Newsletter. Vous pouvez aussi faire un don et nous suivre au quotidien sur Twitter.
Source : Le Cri des Peuples
https://lecridespeuples.fr/…